CD Projekt RED avait des ambitions démesurées pour The Witcher 3, mais ont dû faire beaucoup de sacrifices, comme cette mécanique qui aurait pu rendre l'influent RPG encore plus réaliste.
De l'aveu même de ses développeurs depuis sa sortie remontant déjà à 2015, The Witcher 3 était un jeu AAA fait avec une équipe et les moyens d'un jeu AA. Malgré le statut de chef d'œuvre influent du genre RPG qu'il porte, le dernier épisode de la trilogie de Geralt de Riv a dû faire énormément de concessions pour arriver au résultat qu'on connaît et adore. Plus de 10 ans plus tard, Philip Weber, designer des quêtes sur le jeu, confie qu'une mécanique de peur, on ne peut plus pertinente quand il est question de l'univers sombre d'Andrzej Sapkowski, a notamment fait partie des éléments sacrifiés pour terminer le projet.
Une mécanique de peur sacrifiée pour terminer The Witcher 3
Alors que le monde ouvert de The Witcher 3 se montrait déjà plutôt convaincant pour un titre sorti en 2015, avec des PNJ ayant un semblant de vie propre dans les villes et villages qu'on parcourt, CD Projekt RED avait voulu pousser le sentiment de réalisme encore plus loin avec une mécanique de réactions à la peur. Selon les actions du joueur, ceux-ci devaient montrer leur crainte via différentes interactions.
« Nous nous concentrions davantage sur la simulation de leur véritable cycle jour-nuit. Quant à la réaction face au joueur, il n'y avait pas énormément de détails », a confié Philip Weber, designer des quêtes sur The Witcher 3, dans une interview auprès de Edge Magazine. C'est alors que tout a dérapé lorsque les développeurs ont voulu rajouter des réactions comme la peur face aux actions du joueur.
« Nos PNJ étaient censés avoir des réactions de peur. Ils devaient lâcher ce sur quoi ils travaillaient et s'enfuir, effrayés. Le problème, c'est que l'une des "tâches" que les mères pouvaient accomplir dans The Witcher 3 consistait à tenir un bébé dans leurs bras. Pendant quelques semaines, les femmes lâchaient tout simplement leurs bébés, un peu partout. C'est vraiment revenu nous hanter », a précisé Philip Weber avec une anecdote à la fois drôle et morbide. Ne trouvant pas de moyen de corriger le tir, de telles réactions n'ont donc pas figuré dans le jeu final.
Un retour possible de cette mécanique dans l'extension Songs of the Past à venir ?
Plus de 10 ans plus, The Witcher 3 se rappelle toutefois à notre bon souvenir alors qu'une troisième extension va succéder à Hearts of Stone et l'excellent chapitre de Toussaint Blood and Wine en 2027. Songs of the Past va en effet nous permettre d'incarner à nouveau Geralt de Riv dans une aventure inédite en attendant The Witcher 4. Il se pourrait que, depuis le temps, les développeurs ont eu l'occasion de revenir sur certains éléments abandonnés du jeu de base pour les réintégrer dans ce DLC, comme justement la mécanique de peur.
À noter que The Witcher 3 Songs of the Past a confirmé sa présence à la Gamescom 2026. Nous devrions donc enfin en apprendre plus à son sujet, et peut-être voir un peu de gameplay pour déterminer si CD Projekt RED a profité de l'occasion pour donner corps à certaines idées sacrifiées dans l'œuvre originale.

Source : Edge Magazine